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grande jeune fille brune a surgi à son tour, mais elle vient de l’intérieur de la maison, elle porte une robe à rayures blanches et rouges venue d’un magasin de Québec ou d’ailleurs, mais elle porte l’étiquette de la ville, ses cheveux sont coupés et tirés en arrière de ses oreilles petites et roses. Quand Madame Daubourge se fut avisée de la présence de sa jeune fille, elle commanda :

— Conduis Laure à sa chambre avant le souper, Hélène.

Celle qui avait été ainsi interpellée se retira par la porte qui venait de lui livrer passage, elle revint portant une lampe. Elle paraissait toute gênée de s’approcher de la jolie citadine dont la robe n’était qu’un souffle comparée à la sienne, mais Laure surprit son hésitation, et sourit de son sourire irrésistible.

Elles traversèrent à la douteuse lumière de cette petite lampe, une grande salle. Laure n’eut le temps de ne rien remarquer, elles gravirent un escalier assez raide dont le bois était peint d’une couleur jaune, seule tache claire dans la demi-obscurité. À l’étage supérieur, elles traversèrent une longue pièce qui parut à Laure peuplée de fantômes. Elle ne voulait pas avouer sa peur, mais un frisson la secoua :

— Ne craignez rien, dit Hélène, il n’y a rien de malin au grenier.

Laure de sa voix harmonieuse dit :

— Dites-moi, toi, comme à vos sœurs. Vous savez bien le proverbe :