Page:Filion - À deux, 1937.djvu/46

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
— 44 —

mon amour pour ma mère ? Des sensations imaginatives.

Elle se perdait en longues rêveries, et remettait au lendemain le devoir d’écrire.

Alexandre avait annoncé ses fiançailles à son père, sans faire connaître le nom de l’élue. Vous ne la connaissez pas, disait-il, nous avons de longs mois devant nous avant l’époque du mariage. Ce printemps ou cet été, je m’arrangerai pour vous l’amener ; je ne doute pas une minute qu’elle vous plaise. Quelque temps après, il avait même envoyé une photographie de la jeune fille. Il était si sûr que sa beauté plaiderait en partie sa cause. Il reçut enfin une réponse à ses deux lettres, elle contenait des reproches, il n’en était pas surpris. Il avait bien imaginé que le chef de la famille ne serait pas satisfait qu’il eut tout décidé seul. N’aurait-il pas pu demander un conseil pour la forme ? Il n’avait pas eu le temps, ayant devancé le moment qu’il s’était choisi à l’avance pour parler à Laure. Comme Lucille, ses parents étaient effrayés de la trop grande beauté de celle qu’il avait choisie pour devenir sa femme.

Cette lettre, Alexandre l’avait mise dans la poche intérieure de son veston, et il n’y pensait qu’aux moments où il était seul dans sa chambre de célibataire.

Quand ils étaient ensemble, ils jouissaient sans arrière pensée. Leurs parents, ils étaient si loin, si loin…