Page:Filion - À deux, 1937.djvu/87

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
— 85 —

le était piquée de la belle indifférence qu’il avait montré en réponse à son zèle déplacé.

Laure ne s’était pas attardée à écouter son bavardage. Tout de suite, elle avait reconnu l’écriture d’Alexandre, et en aurait-elle douté, cette expression : le Monsieur que vous connaissez, ne lui aurait laissé aucun doute. Elle lui ferma rapidement la porte au nez, tant il lui tardait de prendre connaissance de cette missive. Alexandre venait-il simplement la réconforter, l’encourager ; ou bien savait-il quelque chose de nouveau, et s’empressait-il de le lui apprendre ? C’était plutôt cela, cette lettre devait être pressante, pour qu’Alexandre l’eût apportée lui-même, et de si grand matin, autrement il aurait pu la confier à la poste.

Sa mère était agenouillée au pied du petit lit de fer blanc et récitait, en se balançant, sa prière du matin.

Laure s’assit au rebord du lit sans même un regard pour sa mère, toute son attention était concentrée sur l’enveloppe qu’elle tenait en main. D’un doigt nerveux, elle brisa le cachet et courut à la signature. Elle ne s’était pas trompée dans ses prévisions, le tout venait d’Alexandre, mais il y avait aussi une deuxième lettre écrite d’une haute écriture masculine qui lui était inconnue. Elle voulut d’abord connaître les pensées de celui qu’elle considérait envers et contre tous, comme son fiancé.

Il n’y avait qu’un feuillet d’une calligraphie droite et ferme.