Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/133

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DE GUSTAVE FLAUBERT; 127 ` Dans sa lettre que fai reçue hier, elle me parle de retourner a Rouen vers la lin de décembre. Je crois qu'elle fera bien d’y rester le moins long- temps possible et de retourner auprès de vous; elle ne saurait être mieux nulle part ailleurs. · . · Quand tu me répondras, chère Olympe, dis- moi bien Franchement comment elle va, si elle n’est pas trop triste. Ses lettres me paraissent bien raisonnables, mais fai peur qu’elle ne se batte un peu les flancs pour m’écrire et, de peur de m’at- trister, lasse bonne contenance en dépit d’elle— méme. En tout cas ne me cache rien. J e Fais appel la-dessus a ta Franchise et a ton bon cœur. Tu l’as sans doute bien embrassée quand je suis parti; comme_ elle pleurait, n’est-ce pas? Merci, ma ` grosse, pour tout ce que tu lui as donné de ten- _ ` dresse en cet affreux moment. Il n’y a rien de perdu; je ramasse tout cela et le garde en un coin sûr. Tespere bien que vous n’avez pas le toupet . d’espérer de moi une relation de voyage. ll me I manque, pour ellectuer la chose, le temps. A peine, en voyage, si on a celui de respirer. Les soins matériels absorbent une quantité de quarts d’heure inconcevable. Pour acheter une pipe dans un bazar, c’est l’all`aire·d’une demi-journée, tant les marchands se disputent avec votre drogman, ‘ l’un voulant tromper l’autre. De la, cris, injures, i coups : tableau! Et la journée se passe ainsi.'.l’ai bien pensé au brave père Parain ce matin. Nous avons visité le bazar des orfèvres. Dans un couloir aussi étroit et aussi sombre qu’une ti e de botte (lorsque, la tenant par les tirants, on cberche a dé- couvrir le clou qui vous blesse le talon), rangés