Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/134

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1 z 8 CORRESPONDANCE- des deux côtés derrière de gros collres en bois,- Fumant la pipe et buvant le caFé, il y a quantité de drôles en turban, penchés sur leur genou et _ occupés a gratter je ne sais quoi. Dans une espèce d’a¤rrière—boutique flamboie la Forge; quelques gamins polissent des chaînes d'or. Des femmes voilées passent devantvous en criant des mots ` incompréhensibles; ou bien c’est la tête de quelque ' chameau traversant le bazar, qui entre dans la I Eboutique sans Façon et regarde ce que Fon Fait avec son grand air hébété. Voilà ce que c'est que · le bazar des orfèvres. D,OFIèVF€Fl€ on n’en voit pas; tout est sous cleF. — ‘ 241. À sa MÈRE. · Lc Caire, 1.1. décembre 18+9. Si tu savais, chère vieille, combien de Fois par jour, en voyant de belles choses, je te regrette et me Figure ta mine garnie de lunettes, s’ébahissant à mes côtés. Aussi, de tout ce que je vois, je tâche ‘ de ramasser le plus possible pour t'en`rapporter davantage. Comme nous causerons au retour, pauvre chère vieille! Allons! allons! prends cou- rage! Ce temps, qui te paraît si long maintenant, dans quelques mois te semblera avoir passé vite. Tu ne te rappelleras plus alors que l'uniFormité de ton inquiétude, sans toutes les intermittences qui peuvent maintenant en mesurer l’étendue. Quand · je dis intermittences, je me trompe sans doute, car je suis sûrque tu ne désinquiétudes pas et que, du matin au soir ( et surtout du soir au matin), tu