Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/15

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DE GUSTAVE FLAUBERT. 9 — la gloire m'est plus chere que la mienne, si j’en avais une toutefois! Je veux _dire que j’ai plus envie de t’entendre applaudir que de m’entendre applaudir. · Adieu, mille baisers sur les levres. 188. A ERNEST CHEVALIER. I [Rouen],'2g Février 18.1.7. Permettez-moi, mon cher Monsieur, de vous feliciter sur le haut rang social où la bienveillance eclairee de S. E. le ministre de la justice vous ap- pelle. .l’avais su, vieux, par le canal des journaux, quoique je n’en lise jamais, que tu transferais ta boule et ta blague magistrales de Calvi ai Ajac- cio . .l’ai vu par ta derniere lettre que tu allais assez bien. Le ton en etait assez gaillard. Conserve-le toujours ce vieil aplomb moral qui a lui seul vaut tout le reste et qui console de tout quand on n’a ` plus rien. Sois toujours gars, sois toujours aimable, et le soir, ar le clair de lune, si _ tu vas te pro- ' mener sur la terrasse du Cardinal—Fesch, donne- moi ai travers la Méditerranée et la France une bonne pensée, en re ardant ~la baie et les mon- tagnes noircies par le êeuillage des maquis. _ .l'aurais bien envie, ai coup sûr, de t’aller faire une visite et de recommencer, avec plus d’intelli— gence que je n’en àl mis et plus de loisir que je nen EI eu, ces longues promenades a cheval a travers les forêts de pins et de châtaigniers. Mais — est—ce que je le peux? Tu sais bien, tout comme