Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/153

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DE GUSTAVE FLAUBERT. 147 trompé? Au reste, je ne m’inquiète guère cle tout cela; je vis comme une plante, je me pénetre de ` — soleil, cle lumiere, de couleurs et clegrancl air, je mange; voilà tout. Restera ensuite a digérer. Clest . là l'important. Tu me demandessi l’Orient est a la hauteur cle ce que j’imaginais. A la hauteur, oui, et de plus il de asse en lar eur la supposition que j’en Fai- sais.-? ai trouvé cliassiné nettement ce qui pour moi était brumeux. Le fait a fait place au pressentiment, si bien que c’est souvent comme si je retrouvais tout a coup devieux rêves oubliés. . 245. AU DOCTEUR JULES CLOQUET. Le Caire, 15 janvier x850. Vous avez appris par ma mere, cher et excel- lent ami, que nous étions arrivés au Caire en' bon état, et son avant-derniere lettre me témoigne ` même la joie que vous avez eue,.en sachant que j’avais supporté la traversée comme un vieux pi- rate. C’est vrai. Je fus le plus crane des passagers l ll I Je n’étais pas si- fier il y a quelque dix ans, vous vous en souvenez? lorsque nous longions ensemble la côte corsel J e me disais cela à moi-même, en la ` regardant de loin, cette brave Corse, au souvenir de laquelle vous êtes toujours mêlé. Donc nous voila en Egypte, terre des Pharaons, . terre des Ptolémëes, atrie de Cléopâtre (ainsi que l'on · ' ` dit en haut stylejl Nous _y sommes et y vivons, avec la tête plus rase qu’un genou, fumant dans cle longues pipes et buvant le café sur des clivans. IO. r