Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/161

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IW DE GUSTAVE FLAUBERT. 1 5 5 cercle, fumaient leurs pipes et, parmi ceux-la, un · vieux chantait quelque chose de monotone qui avait un refrain (c’était traînard et chante ai demi- . Voix). Nous sommes entres dans toutes les pyra- mides, nous avons rampe sur la poitrine dans les corridors, glissant dans les crottes de chauves- souris qui venaient voltiger autour de nos llam- ` beaux, et nous retenant u mieux que nous pou- _ vions sur la pente glissante des dalles. II y fait de 4.0 a 50 degrés de c aleur. On etoulle légèrement, mais au bout de peu de temps_ on s’y Fait. Dans les puits de Salckara, nous nous sommes livres au même exercice et nous en avons tiré quelques momies d’ibis qui sont encore dans leur pot. Du reste l'ascension des pyramides, comme leur vi- ' site interieure (cela est peut—être lus dillicile) est une vraie niaiserie quant à la dillliculte. Elles ont cela de drôle, ces braves pyramides, que plus on les voit, plus elles paraissent grandes. Au premier abord, n’ayant aucun point de repere ai côte, on n’est -nullement surpris de leur taille. A cinquante pas, chaque pierre n’a pas l’air plus considerable qu un pave. Vous vous en approchez; chaque pave I a huit pieds de haut et autant de large. Mais quand _ on monte dessus, que l’on est arrive au milieu, cela devient immense. En haut on est tout stupe- t`ait.— Le second jour,_comme nous revenions au soleil couchant d’une course a cheval que nous avions faite derriere, dans le desert, en passant pres de la seconde pyramide, elle m'a semblé tout a pic, et fai baissé les épaules comme si elle allait me tomber dessus et m°ecraser. Celle-ci a son sommet tout blanchi par les lientes d’aigles et de vautours qui planent sans cesse autour du som-