Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/166

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1 60 • CORRESPONDANCE mes que le saint n’a brisé les vases cle verre. Si les hommes en crevent, clest a cause de leurs péchés. .l'ai vu la deslclerviches qui avaient des broches de ` ` fer passées dans la bouche et dans la poitrine..Aux deux bouts de la tringle de fer étaient emman- chées des oranges. La foule des fidèles hurlaient d’enthousiasme; joins à cela une musique sauvage a rendre fou. Quand le scheilc a cheval a paru, mes gaillards se sont couchés par terre en tête·· bêche; on les a alignés comme des harengs et ` A tassés les uns pres des autres, pour qu'il n’y eût ` aucun interstice entre les corps. Un homme a marché dessus pour voir si ce plancher de corps était bien adhérent et alors, pour écarter la foule, une grêle, une tempête, un ouragan de coups de bâton administrés par les eunuques s’est mis a pleuvoir de droite et de gauche, au hasard, sur ce qui se trouvait la (nous étions, nous autres, `uchés sur un mur, Sassetti et Joseph a nos pieds). . l\lous _y sommes restés depuis II heures ]usqu’à pres de 4. heures. ll faisait très froid et nous avions a peine la place de bouger, tant il y avait de monde et tant notre place était étroite. Mais elle · 4 était excellente et rien ne nous a échappé. On entendait les batons de palmier sonner sourde-, ment sur les tarbouchs, comme les baguettes sur des tambours pleins d’étoupes, ou plutôt comme sur des balles de laine. Ceci est exact : le scheil: s’est avancé, son cheval tenu par deux saïs et lui- même soutenu par deux autres; le bonhomme en · avait besoin. Les mains commençaient a lui trem- I bler, une attaque cle nerfs le gagnait et, à la'_ fin _ de sa promenade il était presque complètement évanoui. Son cheval a passé au petit pas sur le