Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/186

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1 80 CORRESPONDANCE gué de tout notre voyage. Avec des détours plus ou moins longs, nous n’allons plus faire main- tenant que nous rapprocher.insens1blement. Sais—tu . que nous sommes at près de 1,4.00 lieues de dis- ' tance? Comme ça doit te paraitre loin, pauvre vieille, et comme cette carte d’Egypte te semble longue! n’est-ce pas? Quant at moi, ce n’est que par une réflexion assez longue que je peux cal- culer la distance qui nous sépare; il me semble · toujours que tu es pres de moi, que nous ne sommes pas loin et que, si je voulais, je ne serais pas longtemps _a te voir. Voi a près de deux mois, sept semaines, que je n'ai eu de tes nouvelles. _ .l’ai encore une quinzaine a attendre avant diétre ` revenu à la première cataracte, où jespere en trouver. Et encore ciest bien chanceux l Va, pauvre vieille, ceux qui restent ne sont pas les seuls et avoir de Yinquiétude, J’éprouve parfois des appé- tits de te voir qui me saisissent tout a coup comme des crampes de tendresse; puis le voyage, la dis- traction de la minute présente fait passer cela. Mais c’est le soir, avant de m’end0rmir, que je te donne une bonne pensée et tous les matins, quand je me réveille, tu es le premier objet qui me ‘ vienne et l’esprit. Mais dis, je suis bien sûr que 'tu . ne dépenses pas à moi. Je te vois toujours appuyée sur le coude, le menton dans ta main, rêvant avec ton bon air triste. Son e donc, pauvre mere, que . 5 est le tiers de 15. 'lgu me reverras -au mois de février prochain. Cest encore l’été et l°l1iver a . asser. ` P Si nous n’avions pas eu du vent défavorable, ou plutôt une absence de vent aussi complète, nous serions déja de retour at Assouan (premiere