Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/195

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 GUSTAVE FLAUBERT. 189 _

à bord, dans l’espérance cl’attraper une bouteille d’eau-de—vie. La canaxllerxe de ces drôles se re- hausse de tous les respects 'clont on les entoure. A Wadi-Halta nous avons fait la connaissance du s · r · · 9* A gouverneur d lbrim, charge de recueillir lxmpot dans toute la province. Ce n’est pas une mince besogne. Cela s’exécute a grand renfort de coups de bâton, et arrestations, et enchaînements. Nous sommes descendus avec lui, côte a côte, pendant trois jours. Un villageois n’avait pas voulu payer; · le scheilc l’a enchaîné et enlevé dans sa cange. Quand elle a passé près de nous, nous avons vu ce pauvre vieux couché au Fond du bateau, tête nue sous le soleil et dûment cadenasse; sur la rive, des hommes et des Femmes suivaient en criant. ça n’émoussait nullement notre brave Turc, qui — a jugé cependant prudent, pendant deux jours, de ne pas nous quitter de vue, espérant que, SI par hasard on l'attaquait, nous avions de tres ]olis fusils qui portent Fort loin. II venait, tout en descendant le Nil comme nous, nous faire des visites. Une Fois, il nous a amené un petit mouton en cadeau, ce qui nous a été sensiblement agréable, car de- puis six semaines nous n’avions mangé que d‘u poulet et de la tourterelle. Nous avons eu avec ce brave homme des conversations sur sa spécialité, F Y ' " Y I cest-a-dire qu il nous a donné beaucoup de de- tails sur la maniere de faire mourir un homme a _ coups de bâton, en un nombre de coups déter- mines. s vous ex osen ou cca res en imen . ’ Il P tr t I t g t t, en riant, comme on cause spectacles, et l’exécutent très placidement, comme on Fume sa pipe. Pour te donner une idée de tout ce que je vois, va a la bibliotheque de Rouen et demande à voir