Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/211

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jv DE GUSTAVE FLAUBERT. zo ; depuis des siècles. C’est d’un très bel effet, et d’un curieux «.symbolisme». La nature a dit aux monuments égyptiens : Vous ne voulez pas de moi, _ _ la graine du lichen ne pousse point sur vous ? Eh bien, je vous chierai sur le corps. Dans les hypogées de Thèbes (qui sont une des choses les plus curieuses et les plus amusantes ‘ que l'on puisse voir) nous avons découvert des gaudrioles pharaoniques, ce qui prouve, Monsieur, que e tout temps on slest damné, on a aimé la fillette, comme dit notre immortel chansonnier. C’est une peinture représentant des hommes et des femmes à table, mangeant et buvant tout en se prenant par la taille et en s'embrassant. II y a là des profils d’un cochon charmant, des œils de bourgeois en goguette admirables. Plus loin, nous avons vu deux fillettes avec des robes transparentes, les formes on ne peut plus p..., et jouant de la guitare d'un air lascih C’est b... comme une gravure lubrique, PalaisRoyal ISI6. Cela nous a fait bien rire et donné à. songer. · Quelque chose de bougrement magnifique ,_ce sont les tombeaux des rois. Figure—toi des car‘ rieres de 'Caumont, dans lesquelles on descend _ par des escaliers successifs, tout cela peint et doré du haut en bas et représentant des scènes funèbres, des morts que l’on embaume, des rois sur leurs trônes avec tous leurs attributs, et des fantaisies terribles et singulières, des serpents qui marchent sur des jambes humaines, des têtes décapitées portées sur des dos de crocodiles, et puis des joueurs d’instruments de musique et des forêts de lotus. Nous avons vécu la trois iours.