Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/234

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228 _ CORRESPONDANCE les murailles en bien meilleur état que je ne m'_y at-_ _ tendais. Puis fai pensé au Christ, que fai vu mon- · ter sur le mont des Oliviers. ll avait une robe bleue et la sueur perlait sur ses tempes. .l’ai pensé aussi ai son entrée at Jérusalem avec de grands cris, des . palmes vertes, etc., a la fresque de Flandrin que nous avons vue ensemble à Saint—Germain-des- Prés, la veille de mon depart. A ma droite, derrière la ville sainte, au Fond, les montagnes blanches ' d'l·lébron se déchiquetaient dans une transparence . vaporeuse; le ciel était pâle.- Il y avait quelques nuages, quoiqu’il fît chaud; la lumière était arran- ée de te le sorte qu'elle me semblait comme celle dun jour d’hiver, tant c’était cru, blanc et dur. Puis Maxime m’a rejoint avec le bagage. Nous somrjes entrés par la porte de .laH`a et nous avons dîné ai 6 heures du soir. Jérusalem est un charnier entoure de murailles. _ Tout y pourrit, les chiens morts dans les rues, les _reli ions dans_ les églises. ll y a quantité de merdes et cà: ruines. Le .lu1f` polonais avec son bonnet de peau de renard glisse en silence le long des murs délabrés, ai l’ombre desquels le soldat turc en— ` gourdi roule, tout en fumant, son chapelet musul- man. Les Arméniens maudissent les Grecs, les— quels détestent les Latins, qui excommunient les T A Cophtes. Tout cela est encore plus triste que grotesque. ça peut bien êtrecplus grotesque que triste. Tout dépend du point e vue; mais n’anti- cipons pas sur les détails. ~· ` La premiere chose ue nous ayons remarquée — dans les rues, c'est laqboucherie. Au milieu des maisons se trouve par hasard une place; sur cette _ . place un trou , et dans ce trou du sang, des boyaux,