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DE GUSTAVE FLAUBERT.


la fréquentation des dames franques, croulera de lui seul, sous le Feuilleton et le vaudeville... _ Bientôt le voile, déja de plus en plus mince, s’en ira de la figure des femmes, et le musulmanisme · avec lui s'envolera tout à fait. Le nombre des pelerins de la Mecque diminue de jour en jour. Les ulémas se grisent comme des Suisses. On parle de Voltairel Tout craque ici, comme chez nous. ` Qui vivra s’amuseral V La loi sur la correspondance des particuliers par voie électrique ma étrangement frappé. Cest pour moi le signe le plus clair d’une débâcle imminente. Voila que par suite du progres, comme on dit, tout gouvernement devient impossible. Cela est d’un haut grotesque que de voir ainsi la loi se torturer comme elle peut et se casser les reins a Force de Fatigue, à vouloir retenir l°immense nouveau qui déborde de partout. Le temps approche ou toute nationalité va disparaître. La « patrie » sera alors un archéologisme comme la « tribu ». Le mariage lui-même me semble vigoureusement attaqué par toutes les lois que l’on fait contre l’adultere. On le réduit a la proportion d’un délit. . Ne rêves-tu pas souvent aux ballons ? lfhomme de l’avenir aura peut—être des joies immenses. ll voyagera dans les étoiles, avec des pilules d’air dans sa poche. Nous sommes venus, nous autres, ou trop tôt ou trop tard. Nous aurons fait ce qu’il y a de plus dillicile et de moins glorieux : la transition. Pour établir quelque chose de durable, il ` faut une base lixe ; l’avenir nous tourmente et le , passé nous retient. Voila pourquoi le présent nous échappe. Jiai ri comme un l`ol aux «f`umiers considérés