Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/303

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DE GUSTAVE FLAUBERT. y 297 En contemplant le Parnasse, nous avons pensé a Yexaspération que sa vue aurait inspirée a_ un _ poete romantique de 1832., et quelle gueulade il ui aurait envoyée. La route de Mégare ai Corinthe est incompa- rable. Le sentier taillé a même la montagne, ai peine assez large pour que votre cheval y tienne, et ai pic sur la mer, serpente, monte, descend, grimpe et se tord aux Hancs de la roche couverte e sapins et de lentisques. D’en bas vous monte aux narines l'odeur de la mer; elle est sous vous, elle berce ses varechs et bruit à peine; il y a sur· elle, de place en place, de grandes plaques livides ` comme des morceaux allongés de marbre vert et derrière le golfe s’en vont à l’infini mille décou- pures des montagnes oblongues, a tournures nonchalantes. En passant devant les roches sciro- · niennes ou se tenait Sciron, brigand tué par Thésée, je me suis rappelé le vers du doux Racine: ` Reste impur des brigands dont j’ai purge Ia terre. ( î —Etait-ce couenne, lantiquité de `tous ces braves gens-là! En a-t-on fait, en dépit de tout, quelque _ chose de froid et intolérablement nul ll n’y a qu’a voir au Parthénon, pourtant, les restes de ce qu’on appelle le type du Beau. S’il·y a jamais eu au mon e quelque chose de plus vigoureux et « de plus nature », que je sois pendu! Dans les tablettes de Phidias, les veines des chevaux sont indiquées ` iusqu'au— sabot et saillantes comme des cordes. Quant aux ornements étrangers, peintures, colliers en métal, pierres précieuses, etc., c’était prodi-