Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/32

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26 CORRESPONDANCE ensuitel Je hume l’air, j’aspire l’odeu1; des aubé~ pines et des ajoncs, je marche au bord de la mer, j’admire les bouquets d’arbres, les coins de ciel floconnés, les couchers de soleil sur les flots, et les oémons verts ui s'agitent sous l’eau·comme la chevelure des bliaïades, et le soir je me couche_ harassé dans des lits a baldaquin où j’attrape des uces. Voilà. Au reste j'avais besoin d’air. J’étoull . A lîais depuis quelque temps. Tu me demandes si je suis plus heureux : mais, je ne me plains pas; et si ïéprouve moins de- désillusions : je n'en . éprouve point. Franchement, ien ai peu éprouvé dans la vie, étant né avec une provision médiocre ' d’illusions. Quand on compte sur peu, on est tou- jours étonné de ce qu'on trouve. Demain matin ou plutôt dans quelques heures (il est tard, tout dort, et toi aussi peut-être), nouspartons pour Brest où nous ne devons arriver que dans I5 jours, après avoir fait près de 80 lieues a pied sur le bord de la mer. Brest donc je t'écrirai, et fes- père une lettre plus longue. Adieu, chère amie, adieu je t’embrasse sur les yeux pour les essuyer s'ils pleurent. ` Amitiés et souvenir de Max. _ I9§. ÀLA MÉME. Entièrement inédite. Saint-Brieuc, 7 juillet. .l'attendais une lettre a Brest; rien. Serai·je plus heureux a Saint-Malo? Qu'y a-t-il donc? Es-tu malade? Que t’est—il arrivé? Pourquoi ce silence? ll fallait au moins m’en avertir! Si tucrois