Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/336

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3 g 0 CORRESPONDANCE · ` Adieu, je t'embrasse, pauvre Femme aimée. · Cest bien grossier d’écrire unelettre de quatre ` pages pour ne parler que de soi; c’est qu'en vé- ' rité, c’était déja beaucoup. Deux longs baisers. A bientôt. 29;. À LA MEME. ' Entièrement inédite. V [Rouen, 1 1. n0vcmI>re_1851.] Mardi soir. `_ _ ô Je ne me suis jamais piqué, ma chere, d’être un homme de goût ni de jolies manières; la préten- tion eût été trop vaniteuse. Vous n’avez pas besoin · de me le rappeler. Que votre cousine ait l'intelli· gence des choses du cœur, tant mieux pour elle. Je n’ai pas même, moi, celle de l’esprit. Chacun · fait ce quildpeut. Voyons, point d’aigreurs entre nous. Que iable voulez-vous que je vous écrive que vous ne sachiez aussi bien que moi? -Je ne peux vous donner aucune nouve e ni du monde que je ne vois pas, ni de moi qui ne change, ` et comme je trouve en outre, pareillement à vous, qu’il faut garder ses douleurs pour soi sans en _ fatiguer les autres, et que ie pense que fai fait un peu abus de ce chapitre vis-à-vis de vous, je n'ai » ` donc rien de mieux à faire que de ne rien Faire, A c'est-a-dire me taire. Si vous saviez dans quelle plate monotonie je vis, vous vous étonneriez même que je m’aperçoive encore de la cliflérence de l’hiver a l’été et du jour ai la nuit. · " ‘ Quoi qu’il en soit ]’aurai de quoi causer avec vous quand je vous verrai la semaine prochaine. W