Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/357

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DE GUSTAVE FLAUBERT. 351 dans mon livre c’est l’élément amusant, qui y est , médiocre. Les faits manquent. Moi, je soutiens que les idées sont des faits; il est plus difficile d’inté- resser avec, je le sais; mais alors c’est la faute du style. .l’ai ainsi maintenant cinquante pages cfaffilée, ou il n'y a pas un événement, c'est e tableau con- tinu d’une vie bourgeoise et—d’un amour inactif`; amour d’autant plus difficile at peindre qu’il est at la fois timide et profond, mais hélas! sans éche- velements internes, parce que mon monsieur est d’une nature tempérée. .l’ai déjà eu dans la pre- - mière partie quelque chose d’analogue. Mon mari aime sa femme un peu de la même manière que mon amant. Ce sont deux médiocrités dans le même milieu et qu’il faut différencier pourtant. Si c’est réussi, ce sera, je crois, trés fort, car c'est peindre couleur sur couleur et sans ton tranché- (ce qui est plus aisé). Mais j'ai peur que toutes ces subtilités n’ennuient et que le lecteur n’aime autant voir plus de mouvement. Enfin il faut faire . comme on a conçu. Si je voulais mettre la dedans ` de faction, j’a irais en vertu d’un systeme, et je gâterais tout. fi faut chanter dans sa voix; or a mienne ne sera jamais dramatique ni attachante. Je suis convaincu dailleurs que tout est affaire de style, ou plutôt de tournure, d’aspect. Nouvelle! Le jeune Du Camp est officier de la Légion d’hon- neur! Comme cela doit lui faire laisir! Quand il se compare à moi et considère li chemin u’il a fait depuis qu’il m’a quitté, il est certain qu’il(doit me trouver bien loin de lui en arriere et qu’il a fait de la route (extérieure). Tu le verras, at quelque jour, attraper une place etlaisser là cette bonne ittérature. Tout se confond dans sa tête, femme,