Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/36

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` 3 o CORRESPONDANCE ` avons eu de beaux m-oments a l’o_mbre des vieux ~ châteaux; nous avons fumé de longues pipes dans mainte douve eH`ondrée, toute couverte d’herbes et parfumée par la senteur des genêts, et puis la . p mer, la merl le grand air, les champs, la liberté, · j’entends la vraie liberte, cellequx consiste ai dire · ce quon veut, ai penser tout haut à deux, et a marcher ai l’aventure, en laissant derriere vous le temps passer sans plus s’en soucier que de la Fumée de votre pipe qui s’envole. _. Il paraît, toi, mon pauvre vieux ministere pu- blic, que tes amis les bandits t'embêtent toujours dernesurément et que tu en as plein le c.., avant qu’un de ces beaux matins il ne t’arrive d’en —avoir pleinle dos ou plein la poitrine, ce que ie ne sou- ( haite nullement., Aux vacances enfin nous pour- rons tailler une petite bavette et contempler réci- proquement nos deux balles. Réponds·moi a Croisset ou ie serai dans environ 3 semaines. ly vais reprendre mon train de vie habituelle, mon l grec et mes bouquins, mes savates et mon pan- talon lar e. ` Si la êorse te possede encore l'ete· prochain, tu auras l’honneur probablement d'y recevoir le jeune Maxime Du Camp, qui se propose de voir en même temps la Sardaigne. Je voudrais bien l’acco1npagner et tomber un beau matin dans ton parquet pour casser et briser tout, roter derriere ' la porte, renverser les encriers et ch... devant le buste de S. M., faire enfin l’entrée du « Garçon ». A propos, pendant que j’y pense, connais—tu quel- qu’un qui voudrait Faire avec Paris le commerce ' de gourdes corses? Cest un drôle de ma connais- sance, M. Godillot, Fondateur du bazar du voyage,