Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/377

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


_ DE GUSTAVE FLAUBERT. 37I livres d’enf`ant. Je suis ai moitie fou, ce soir, de tout _ ce qui a passe aujourd’hui devant mes yeux, depuis _ de vieux keepsakes iusqu’à des recits de naulrages et de llibustiers. .l’ai retrouvé des vieilles gravures que j’avais coloriées a sept et huit ans et que je n’avais [pas} revues depuis. Il gr a des rochers peints en bleu et es arbres en vert. 'ai reéprouvé devant quelquesunesâun hiverbanage (sic) dans les glaces entre autres) es terreurs que i’avais eues étant petit. Je voudrais `e ne sais quoi pour me distraire; fai presque peur cle me coucher. II _y a une histoire de matelots hollandais dans la mer glaciale, avec des ours qui les assaillent dans leur cabane (cette image m°empêchait de dormir autrefois), et des irates chinois qui pillent un temple à idoles d'0r. bles voyages, mes souvenirs d’enFant, tout se colore l’un de l’autre, se met bout a bout, danse avec de prodigieux flamboiements et monte en s irale. ° P .l’ai lu aujourdhui deux volumes de Bouillym: pauvre humanite! Que de bêtises lui sont passées par la cervelle depuis qu’elle existel Voila deux jours que je tâche d’entrer dans des rêves dcje_unesjiIIcsl2) et que je navigue pour cela dans ` les océans laiteux de la littérature a castels, trou- badours a toques de velours a plumes blanches. Fais-moi penser ai te parler de cela. Tu peux me donner la-dessus des details précis qui me man- quent. Adieu, a bientôt donc. Si lundi ai IO heures pa ne suis pas chez toi, ce sera pour mardi. Mille aisers. (1) Les Jeunes Femmes. Paris, Janet, 1852. (2) Madame Bovary, chap. VI. ' 24.