Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/378

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5 72 CORRESPONDANCE

i2.~ À LA MÉME.

En partie inédite. ` · [Croissct] Nuit de samedi, 1 heure [20-ZI mars 1852]. ·l'ai été d°abord deux jours sans rien faire, fort ennuyé, fort désœuvré, tres endormi. Puis fai remonté mon horloge à tour de bras, et ma vie maintenant a reprisle tic tac de son balancier. .l'ai · rempoigné cet éternel grec, dont je viendrai à bout dans quelques mois, car je me le suis jure, et mon roman qui sera fini Dieu sait quand! II n'y a rien `d'efl°ra_yant et de consolant à la Fois comme une œuvre longue devant soi. On a tant de blocs à remuer et de si bonnes heures à passer l' Pour le` moment je suis dans les rêves de jeune fille jusqu’au cou. Je suis presque fâché que tu m’aies conseillé — ' de lire les mémoires de lVl""’ Lafargelll, car je vais probablement suivre ton avis et faipeur d'être entraîné lus loin que je ne veux. Toute la valeur de mon livre, s’il en a une, sera d’avoir su mar— cher droit sur un cheveu , suspendu entre le double abîme du lyrisme et du vulgaire (que je veux ' fondre dans une analyse narrative). Quand je pense à ce que cela peut être, j'en ai des éblouissements. _· Mais lorsque je songe ensuite que tant de beauté m'est confiée, à moi, fai des coliques depouvante, , a Fuir me cacher n’importe où. Je travai e comme un mulet depuis quinze longues annees. Jiai vécu toute ma vie dans cet entêtement de maniaque, à · l'exclusion de mes autres passions que fenfermais (U Heures de Prison, 3 vol.