Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/380

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374 CORRESPONDANCE que j’aime, que j’aime encore tout ce que j’ai aimé, et que, quand j'en aimerais une autre,je t’aimerai toujours. Le cœur dans ses affections, comme l'hu- manité dans ses idées, s'étend sans cesse en cercles plus élargis. De méme.que je regardais, il va quelques ljours, mes petits livres d'enf`ant dont je me rappe ais nettement toutes les images, quand je regarde mes années disparues, (gv retrouve tout. Je n’ai rien arraché, rien perdu. n m’a uitté, je n’ai rien délaissé. Successivement j’ai eu (iles ami- tiés vivaces qui se sont dénouées les unes apres les autres. lls ne se souviennent plus de moi; je me '_ souviens tou'0urs. Cest la complexion de mon esprit, dont li écorce est dure. .l’ai les nerfs_enthou— siastes avec le cœur lent; mais peu à peu la vibra- tion descend et elle reste au fond. Avant-hier au soir, on m'a remis un petit paquet enveloppé dans de la toile cirée et qui avait été adressé chez mon Frère. Cétait un carré de filet de coton pour servir de housse a un Fauteuil. .l’ai cru reconnaître l'écriture d'l·lem·iette Collier sur l'adresse; mais pas de lettre, pas cl’avis, rien, et aucune nouvelle. · Il paraît donc que les Femmes s'0ccupent de moi. Je vais devenir fat. ·M"‘° Didier elle-même trouve que j'ai l'air distingué. Est-ce que je serais digne par hasard de figurer dans les brillantes socié- `tës où va Du Camp? ` Caroline de Liclmgîcldm est tres pénible a lire. .l'ai vu ce que c’était et m’arrête avant la fin du 1** vo- lume. _ » ll) Caroline dc Liclrtfclal, ou Mémoires dame famille prussienmz, par M"' DE MONTOLIEU, 2 vol. in-12, rS2 1.