Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/385

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


— DE GUSTAVE FLAUBERT. 379 chaque fibre humaine et en cherchant chaque sy- nonyme de mot, et tu verras! tu verras comme . ton horizon s’aqrand1ra,·comme ton instrument ronflera `et que le sérénité femplrral Refoule a " l’horizon, ton cœur feclairera du fond au lieu de tieblouir sur le premier plan. Toi disséminee en tous, tes personna es vivront et au lieu d’une éter- nelle personnalité declamatoire, qui ne peut même se constituer nettement, faute de détails précis qui lui manquent toujours ai cause des travestisse- ments qui la cleguisent, on verra dans tes œuvres - . des foules humaines. Si tu savais combien de fois j'ai souffert de cela· en toi, combien de fois j’ai ete blesse de la poeti- ° sation de choses que ïaimais mieux à leur etat · simple! Quand je fai vue pleurer à la lecture des lettres «d'am0ur, faite par «M’“° R..., toutes mes pudeurs ont rougi. Nous valions mieux .l’un et l’autre, et nous sommes la maigrement idealises. Qu'est—ce [que] ça intéressera? A qui ressemble cet ` homme ? Pourquoi prendre léternelle figure insi- pide du poete qui, plus elle sera ressemblante au type, plus elle se rapprochera d’une abstraction, c'est-à-dire de quelque chose d’anti-artistique, d’anti-plastique, d’anti-humain, d'anti-poétique par conséquent, quelque talent de mots dailleurs que l'or1 y mette. Il aurait un beau livre a faire sur la litterature pro ante; du moment que vous prouvez, vous mentez. Dieu sait le commencement et la fin; l’homme, le milieu. L’Art, comme Lui dans Vespace, doit rester suspendu dans Finfini, complet en lui-même, independant de son pro- ducteur. Et puis on se prepare par là, dans la vie _ et dans l’Art, de terribles mecomptes. Vouloir se