Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/400

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394 CORRESPONDANCE balle du Philosophe s'esquivant au moment ou · l’on va lire ton nom est d’un comique de haut oût. . g Si je n’ai pas répondu plus tôt a talettre dolente et découragée, cest que fai été dans un grand acces de travail. Avant-hier, je me suis couché a 5 heures du matin et hier a 3 heures. Depuis lundi ` I dernier fai laissé de côté toute autre chose, et i’ai exclusivement toute la semaine pioché ma Bovary, ennu é de ne as avancer. Je suis maintenant arrivéïa monbalpque je commence lundi. .l'espere que ça ira mieux. .l’ai fait, depuis que tu ne m’as vu, 25 pages net (25 paëes en six semaines). Elles ont été dures à rouler. e les lirai demain à Bouilhet. · Quanta moi, je les ai tellement travaillées, reco- piées, changées, maniées, que pour le moment je n’_y vois ue du feu. le crois pourtant qu’elles se tiennent debout. Tu me parles de tes décourage- ments : si tu pouvais voir les miensl le ne sais pas comment uelquefois les bras ne me tombent pas . du corps, de fatigue, et comment ma tête ne s en va pas en bouillie. Je mene une vie âpre, déserte de toute joie extérieure et où je n’ai rien pour me soutenir qu'une espèce de rage- permanente, qui pleure quelquefois d’impuissance, mais qui est continuelle. .l’aime mon travail d’un amour fréné- tique etrperverti, comme un ascete le cilice qui lui gratte le ventre. Quelquefois, quand je me trouve vide, quand l'expression se re use, quand, après [avoir] griftonné de longues pages, je dé- couvre n’avoir pas fait une phrase, je tombe sur mon diâan et j’_y reste hébété dans un marais in- térieur ’ennui. · Je me hais et je m’accuse de cette démence