Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/402

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, 396 CORRESPONDANCE que la science deviendra artistique. Tous deux se — · rejoindront au sommet après s’être séparés à la base. Aucune pensée humaine ne peut prévoir maintenant a quels éblouissants soleils psychiques ' · « écloreront les œuvres de l'avenir. En attendant, nous sommes dans un corridor lein d’ombre ; nous tâtonnons dans les ténèbres. lllous manquons de levier ; la terre nous glisse sous les pieds ; le point I · d’a pui nous Fait déFaut a tous , littérateurs et écri_ vailleurs que nous sommes. A quoi ça sert-il ? ` A quel besoin répond ce bavardage ? De la Foule a nous, aucun lien. Tant pis pour la Foule, tant pis . pour nous surtout. Mais comme chaque chose a ` sa raison, et que la Fantaisie d'un individu me paraît tout aussi légitime que Fappétit d’un million — d'hommes, et qu'elle peut'ten1r autant de place · dans le monde, il Faut, abstraction Faite des choses et indépendamment de Fhumanité qui nous renie, vivre pour sa vocation, monter dans sa tour d’i‘ voire et la, comme une bayadere dans ses parFums, rester seuls dans nos rêves. .l’ai parFois de grands ennuis, de grands vides, des doutes qui me ricanent at la figure au milieu de mes satisFactions les plus naïves. Eh bien ! je n’échangerais tout cela pour rien, parce qlu’il me semble, en ma conscience, que j’accomp is mon devoir, que . _ jgobéis a une Fatalité supérieure, que je Fais le ien, que je suis dans le Juste. Causons un peu de Graziella, Cest un ouvrage médiocre, quoique la meilleure chose que Lamartine ait Faite en prose. ll a de jolis détails 1 le vieux - pêcheur couché sur le dlbs avec les hirondelles qui rasent ses tempes, Gr[aziella] attachant son amu- ` lette au lit, travaillant.au corail, deux ou trois