Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/481

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` I APPENDICE. 47; , Puis tout se tait : les cbamps deviennent pâles; - 4 ‘ L'on n'enteml plus que le Rbône qui fuit · Et le coucou jetant par intervalles A _ Son cri sonore au milieu Je la nuit. Or, ce soir-la plus Froicle était la bise, Et vers minuit les chiens iappaient plus fort, l.orsqu’un vieillard ai longue Barbe grise Parut traînant sa marche avec ellort : V _ Un vieux scl1al<o 'vacille sur sa tete; Sous son caban troué, son pantalon Laisse entrevoir la ourpre d’un galon; Sa veste porte un dlêlaris d’épaulette; Ses pieds sont nus. Quel est cet indigent? Pres du foyer, insensible il s’all`aisse; On le secourt, on l’entoure, on s’empresse. Dans ce vieillard, qui reconnaîtrait Jean? · — Aller mourir dans son pauvre village, » ` Revoir le Rhône, aspirer l’air en feu, ` Se retrouver dans le doux pa sage , Du vieux cbâteau, c'était son il/emier voeu. ` Songes lointains, spectres des jours prospères, Vous Vous levez quand la mort vient a nous! Pour nous saisir, poussières de nos pères, Vous attirez nos atomes vers vous. Les trepassés, dans l’ét1‘oit cimetière, ' Ne trouvent plus la place qu’il leur faut. Un iour, celui qui les mettait en terre, . Frappe comme eux, soudain leur lait délaut. Les pauvres morts pourrissent en presence Des survivants, et, telle est la frayeur, Q_u’en vain on cbercbe un autre jossoyeur.