Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/483

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Quand ces blondes Ombres d’Homère
Revivaient vierges dans tes bras,
Palpitantes sous ta paupière,
Elles croyaient revoir leur père,
Ou Praxitèie, ou Phidias !

L’âme errante de leur génie
Suspendue au bleu firmament
Pour renaître à la tienne unie,
Glissa de la mer d’Ionie
Sur les bords de ton lac Léman.


II


O peuple immortel des statues !
Femmes, héros qu’il anima,
Anges voilés, Déités nues
Des temples et des avenues,
Accourez ! ô vous qu’il aima !

Venez tous, enfants de ses rêves
Qu’il créait divins, sans effort !
Dianes effleurant les grèves !
Tendres Vénus, pudiques Eves !
Venez glorifier sa mort !

Et toi, dernier né de son âme,
Symbole si triste et si beau,
Poésie, Amour, double flamme !
Marbre où la lyre se fait femme !
Viens ! et marche en tête, ô Sapho !

A celui qui te fit renaître,
Souffle ardent de l’antiquité,
Au fier créateur, au doux maître,
Chante l’Hymne qui nous rend l’Être,
L’Hymne de l’Immortalité !