Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 3.djvu/35

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DE GUSTAVE LFLAUBERT. 29 parti qui t’irrite, c'est en vertu d'une expérience infaillible etréitérée. Je ne suis en veine tous les ` · jours que vers ir" du soir, quand il a déjà sept a huit heures que je travaille et, dans l'année, qu’ap'res des enfilades de jours monotones, au bout d’un mois, six semaines que je suis collé à ma table. _ ` J Je commence a aller un peu. Cette semaine a ` été plus tolérable. J’entrevois au moi_ns quelque ` . chose dans ce que je fais. Bouilhet, dimanche der- nier, m’a du reste donné d’excellents conseils apres la lecture de mes esquisses; mais quand est-ce que j’aurai fini ce livre? Dieu le sait. D’ici la, je Firai · ` voir dans les intervalles, aux temps d’arrêt. Si je ne (avais pas, je t'assure bien que je ne mettrais pas les pieds à Paris peut-être pas avant 18 mois. Lorsque fy serai, tu verras comme ce que je dis est vrai, quant a ma maniere de travailler, avec quelle lenteur! et quel mal! La lettre de ton amoureux m’a fait bien rire d’abord, et en même temps bien pitié! Jiai, du reste, reconnu la le langage de mon beau-frere. lls en sont tous deux au même degré de Folie. Je ne crois pas, comme toi, que ce qu'il dit sur ses pro- priétés soit un mensonge. On n’invente pas des phrases comme celles-la, a moins d’être Molière : «J e n'ai qu'une propriété, la plus poétique qu’on puisse voir, située dans la ville de Montélimar et dominant toute la plaine du Rhône ; pour Vagrément _ surtout je l'estime plus de cent mille francs. » Ce [ pauvre Pipon, que nous avions oublié! Avais—je tprt de soutenir qu’il devait être un pitoyable ma- t ématicien ? ' Ce que j’ai lu du pamphlet ne m’a point enthou-