Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 5.djvu/101

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DE GUSTAVE FLAUBERT. og 759. À MADEMOISELLE LEROYER DE CHANTEME. Vichy, lundi [zz juin 1863]. i .l’ai reçu hier au soir votre article qui m’a été fort agréable. J e le mettrai de côté dans le coin ` des meilleurs, des plus sympathiques et des plus caressants. Merci donc encore une fois. A Comment avez-vous pu penser que je vous oubliais? Vous avez toute espece de droits a mon afl`ection, et je n’ai pas l’habitude d’étre ingrat. Vous êtes bonne, excellente même, et je vous aime. Je vous aime pour vos idées, pour vos sen- timents et pour vos douleurs. Nous ne quitterons D pas ce monde sans nous étre serré la main, soyez-en sûre. Si je vais a Nohant, je passerai par Angers. Mais je ne crois pas que ce plaisir me soit réservé pour cette année. e vais me mettre a tra- vailler furieusement, a peine rentré; je l'espere du moins. La vie n'est tolérable qu’avec une marotte, un travail quelconque. Des qu’on aban- i donne sa chimère, on meurt de tristesse. ll fau: se cramponner dessus et souhaiter qu’elle nous emporte. Pourquoi donc dites-vous que Paris est si loin? _ Une fois en chemin de fer, qu’est-ce que cela fait? Allons, un bon mouvement, un peu de courage. Priez vos médecins d’étre bien durs pour vous et venez me voir cet hiver la-bas. Je vous souhaite mille allégements et me dis, Tout et vous.