Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 5.djvu/119

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DE GUSTAVE FLAUBERT. 1 I3 Rouen; l’ennui vous submergeait. .l’ai bien pensé ` a vous, mercredi dernier, jour de votre départ, je crois. Le dimanche précédent je vous avais vaguement attendue tout l’après-midi; espoir trompeur. Donnez-moi, ou plutôt donnez-nous (car ici on parle de vous souvent) des nouvelles de votre aimable personne. J e compte la baiser sur les deux joues dans un mois au plus tard. .l'ai fini aujourdhui tant bien que mal le CM- teau des cœurs. .l’en suis honteux, cela me semble immonde, c’est-a-dire léger, pclïot. Le manque ab- solu de distinction, chose indispensable a la scene, est peut-étre la cause de cette lamentable impres- sion. La pièce n’est pas mal faite, mais comme c’est vide l Tout cela ne m’ôte nullement l’espoir de la réussite; au contraire, c’est une raison pour y croire. Mais je suis humilié intérieurement: j’ai fait quelque chose de médiocre, d°inf`érieur. .le vais maintenant m’occuper de la préface, qui sera, je l’espere, un travail plus sérieux, et jeudi prochain j’irai a la Bibliothèque , ou je verrai votre vieil ami. Vous souvient-il que c'est la l’en- droit de notre remiere entrevue? On vous a apporté des mirlitons, le sucre en poudre faisait une moustache blanche a votre joli bec, vous étiez charmante, ai donner envie de vous croquer comme les gateaux. . Ce pauvre Rouen! comme vous y songez, n’est-ce pas? ll en est toujours ainsi, les choses dans l’éloignement seules sont belles, pays et amours, peut-étre. Je m’y suis trimbalé jeudi dernier (non pas dans les amours mais dans Rouen) pour le mon- v. 8