Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 5.djvu/143

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


DE GUSTAVE FLAUBERT. 1 37 J e voudrais savoir si vous resterez à Paris quel- ques jours et le jour que vous y arriverez, parce que ta grand mére sy transporterait avec moi. Dans le cas contraire, je vous attendrai ici et ne m'en lirair que quelques jours aprés, quand 4 t'aura1 use un peu les joues. J ar besoin de passer a Paris un bon mois, au.moins, at consulter des col- lections de journaux. 786. À ERNEST CHEVALIER. [Croisset, rg avril 1864.] Je n'accepte pas tes tendresjreproches, mon cher Ernest, bien qu’ils m’aient remué jusqu’au fond de l’âme. Nous avons beau ne nous voir qu’a de rares et courts intervalles, je pense a toi bien souvent, sois-en convaincu, et je te regrette, mon pauvre vieux! A mesure que l’on vieillit et que le foyer se dépeuple, on se reporte vers les jours anciens, vers le temps de la jeunesse. Tu as été trop mêlé a la mienne, tu as trop fait partie de ma vie pendant longtemps, pour qu’il y ait jamais de ma part oubli ni froideur! Jamais je ne vais ai ` Rouen, chez mon frère, sans regarder la maison du pere Mignot, dont je me rappelle encore tout l’intérieur et jusqu’aux devants de cheminée : Henri lV chez la Belle Gabrielle, un cheval qui ruait, etc. Quand Pâques revient, je songe a mes voyages aux Andelys, alors que nous Fumions pipes sur pipes dans les ruines du Château—Gail- lard, et que ton pauvre pere nous versait du vin de Collioures et nous découpait des pâtés