Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 5.djvu/142

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1 g 6 CORRESPONDANCE bien en gondole? Te repais-tu de Véronèse, de Titien et de Tintoret'? Je vous approuve Fort d'avoir passé légèrement sur tout le reste afin d’avoir plus de temps pour Venise. Il _y a peu de choses aussi belles au monde, j’en suis sûr. Ouvre bien tes yeux pour t’en souvenir toute ta vie. Tu as dû être bien longtemps sans avoir de nos nouvelles, mais c’est de votre Faute, mes cocos. Ta grand’mére, quand elle en a des tiennes, est assez raisonnable; mais au bout de deux jours elle trouve que tu l’oublies ou s’imagine que tu es ma- lade. Donuez·nous votre itinéraire du retour, si la chose n'est déja faite dans une de vos lettres qui , va croiser celle-ci. · le n’ai plus pour compagnie que la mere Des- , villes et maman. Elles viennent le soir dans mon cabinet; la première ne dit rien et la seconde dort, ce qui fait des petites réunions fort animées. Heu- reusement que maintenant je travaille beaucoup au plan de mon grand roman parisien. le com- mence ai le comprendre, mais jamais je n’ai autant tiré sur ma pauvre cervelle. Ahl que j'aimerais mieux me promener sur le Grand Canal ou au Lido] On nous fait beaucoup de visites. Toute la famille, sauf` Achille, est venue aujourdhui ici et va y diner. Le jeune Ro uigny crie maintenant dans le jardin, avec son blhien. Le temps est su- perbe et tous les arbres sont en fleur. N'importe! Moi qui déteste la nature, je préférerais une longue station devant la Magdeleine du Giorgione. Et les Jean Belin, hein? Est-ce farce 7 Adieu, mon pau- vre loulou. Revenez, qu’on vous embrasse tous les deux : vous serez bien reçus.