Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 5.djvu/154

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1 48 CORRESPONDANCE mateurs modernes, qui n'ont rien réformé. Tous, Saint-Simon, Leroux, Fourier et Proudhon, sont engagés dans le moyen âge jusqu'au cou; tous £ce qu’on n’a pas observe) croient à la révélation iblique. Mais pourqlpoi vouloir expliquer des choses incompréhensi les'? Expliquer le mal par le péché originel, c'est ne rien expliquer du tout. La recherche de la cause est antiphilosophique, antiscientifique, et les religions en cela me déplai- sent encore plus que les hilosophies, puisqu'elles aflirment la connaître. Que ce soit un besoin du cœur, d’accord. Cest ce besoin-la qui est respec- table, et non des do mes éphémeres. Quant à l'idée de lexpiation, elle dérive d’une conception étroite de la Justice, une maniere de la sentir barbare et confuse; c'est l’hérédité trans- portée dans la responsabilité humaine. Lebon Dieu oriental, qui n'est pas bon, fait payer aux petits enfants les fautes de leur pere, comme un pacha qui réclame a un fils les dettes de son aïeul. Nous en sommes encore la, quand nous disons la jus- tice, la colere ou la miséricorde de Dieu, toutes qualités humaines, relatives, finies et partant in- compatibles avec l'absolu. Quels clairs de lune, le soir! Lundi, vers mi- nuit, des gens qui s'en revenaient d’une assemblée ont passé en canot sous mes Fenêtres en jouant des instruments à vent. Cela m’a surpris tout a coup. .l’ai Fermé ma croisée.. . Mon cœur débor- dait.. . Ah! les orangers de Sorrente sont loinl