Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 5.djvu/169

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DE GUSTAVE FLAUBERT. 1 6 3 80;. Ã EDMOND ET JULES DE GONCOURT. Lundi [z' quinzaine cle janvier 1865]. Mns Tnàs Cnms, Je n’ai eu votre volumeu) que hier au soir, seulement. Entamé a io h. 1/2, il était fini a 3 heures. J e n’ai pas Fermé l’œil apres cette lecture et j’ai mal a l’estomac. Vous serez cause de nom- breuses gastritesl Quel épouvantable bouquin! Si je n’étais pas très souflrant aujourdhui, je vous écrirais longuement pour vous dire tout ce que je pense de Germinie, laquelle m’excite (52, 53). Cela est fort, roide, dramatique, pathétique et emporgnant. Champfleury est dépassé, je crois. Ce que j’ad- mire le plus dans votre ouvrage, c’est la graclation des el·l`ets, la progression psychologique. Cela est atroce d’un bout a l’autre, et sublime, par mo- ments, tout simplement. Ce dernier morceau (sur le cimetière) rehausse tout ce ui précède et met comme une barre d’ or au bas de votre oeuvre. La grande question du réalisme n’a jamais été si carrément posée. On peut joliment disputer sur le but de l’Art, et propos de votre livre. Nous en recauserons dans quinze jours. Excusez ma lettre; j’ai, cet après-midi, une migraine atroce , avec cles oppressions·telles que j’ai du mal à me tenir ai ma table. Je vous embrasse, néanmoins, plus fort que jamais. A vous. U) Germinie Laœrteux. I I ·