Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 5.djvu/235

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


DE GUSTAVE FLAUBERT. 2.2.9 S60. À LA PRINCESSE MATLULDE. Croisset, dimanche. Pas du tout, Princesse. Gardez-la, cette chere petite croix que vous m'avez donnee. .l'aurai bien plus de plaisir, a la recevoir de vous-même, de vos mains, que par la poste. Ce sera en doubler la va~ leur. .l’aime les choses completes. Et ne vous .excusez plus pour votre «gril·l`on— nage» que je lis très couramment. I Donc ien demande le plus possible. .l'airnerais mieux, cependant, vous entendre et vous voir. Ce n’est pas par caprice ou manie que le reste SI longtemps prive de ce plaisir-la.- Hé as! ] y· suis contraint par une foule de nécessités très lacheuses. Dans les quarante-huit heures que fai passées a Paris, il y a quinze jours, fai trouvé nos compa- triotes encore plus bêtes que jamais. Ch! les bourgeois!. .. Mais si le régime prussien est adopté, les choses peut-être changeront. Alors tout le monde, or— tant le fusil, saura qu'il doit mourir our une idée. · Cela nettoiera les consciences et eniévera la crasse épiciere qui obscurcit les cerveaux. Ne le pensez-vous pas, Princesse, vous qui avez le cœur si haut et l’esprit si ferme? Cest pour cela qu’on vous aime et pour tout le reste aussi. Merci de vos bons souvenirs, et permettez·moi de vous baiser les deux mains en vous assurant,