Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 5.djvu/274

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2.68 CORRESPONDANCE désert. La sensibilité s'exalte démesuré1nent dans un pareil milieu. .l’ai des battements de cœur pour rien. Tout cela résulte de nos jolies occu ations. Voilà ce que c'est que de se tourmenter Fame et le corps. Mais si ce tourment-là est la seule chose propre qu’iI y ait ici-bas? Je vous ai dit, n’est-ce pas, ue j'avais relu Crmsuel`0 et la Comtesse de Rudolstacii; cela m’a pris · quatre jours. Nous en causerons très longuement, quand vous voudrez. Pour uoi suis-je amoureux de Siverain? Cest que faiqles deux sexes, peut- être Y

  • 894. À EDMOND ET JULES DE GONCOURT.

[Croisset] Nuit de samedi [12-13 janvier 1867]. Si c’est une consolation pour vous de savoir ue je m’embête, soyez-lc! car je ne m’amuse pas démesurément. Mais je travaille beaucoup, ce ui fait que je m'emm.. . Quand je dis que je travaille, c'est une manière de parler. Je me donne du mal et puis c'est peut-être tout. N'importel Je crois avoir passé l’endroit le plus vide de mon inter- minable roman. Mais je n’en referai plus de pareil. Je vieillis. Or, il serait temps de faire quelque chose de bien et d’amusant pour moi. , J e passe des semaines entières sans voir un être humain, ni échanger une parole avec mes sem- blables. D’ailleurs, je deviens insociablc comme l’individu Marat, qui est au fond mon homme. J'ai même envie de mettre son buste dans mon cabinet, uniquement pour révolter les bourgeois;