Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 5.djvu/305

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DE GUSTAVE FLAUBERT. zoo En fait de nouvelles, Sainte-Beuve me paraît ravement malade et Bouilhet vient d’être nommé bibliothécaire à Rouen. i Depuis que les bruits de guerre se calment, on me semble un peu moins idiot. L’écœurement que la lâcheté publique me causait s’apaise. J’ai été deux Fois ai l'Ex osition; cela est écra- sant. ll ya des choses splendides et extra-curieuses. Mais l’homme n’est pas fait pour avaler l’inîini; il faudrait savoir toutes les sciences et tous les arts pour s’intéresser à tout ce qu’on voit dans le Champ de Mars. N’importe, quelqu’un qui aurait à soi trois mois entiers et qui viendrait la tous les ma-A tips prendre des notes s’épargnerait par la suite bien des lectures et bien des voyages. On se sent là très loin de Paris, dans un monde nouveau et laid, un monde énorme qui est peut- être celui de l'avenir. La première fois que j’y ai déjeuné, j’ai pensé tout le temps a l’Amérique et j’avais envie e parler nègre. 9 i 3. À LA MÉME. [Paris] Vendredi matin [mai 1867]. J e m’en retourne vers ma mère lundi prochain, chère maître, et d’ici la je n’ai guère l’espoir de vous voir! Mais quand vous serez a Paris, qui vous empê- chera de pousser jusqu’à Croisset, ou tout le monde vous adore, y compris moi! Sainte-Beuve a enfin consenti a voir un spécia- liste et à se faire sérieusement traiter. Aussi va-t-il mieux. Son moral est remonté. _