Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 5.djvu/398

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3 92 CORRESPONDANCE votre livre pour ly chercher des poux. Mais je crois qu’il y en a peu . Vous devez être content, ça doit plaire. Cest dramatique et amusant au possible. Dès les premieres pages, "ai été charme par Pair vrai de la peinture; et à la fin fai admiré la composition de l'ensemble, la manière dont les événements se déduisent et dont les personnages se rattachent. Il/'otre caraptère principal, Miss Mary, est trop haissable (d apres mon goût personnel) pour I1’être [pas] d'une exactitude parfaite. Cest la ce qu’1l y a de p us rare dans votre livre, avec les scènes dïntérieur, la vie a New- York. Votre bon sauvage m'a fait rire, franchement, quand il est a l'Opéra. .l ai ete saisi par la maison du Missionnaire (la Première nuit de Montaret). ça se vo1t. Naïssa scalpant, et s’essuyant ensuite les mains sur l'herbe, m’a paru de premier ordre, ainsi que le dégoût u’elle inspire a Montaret. le hasarlile une observation timide : il me sem- ble que l’évasion du Père Athanase et de Montaret, quand ils s’échappent de leur prison, manque un peu de clarté. L’explication matérielle du fait est trop courte. Je vous reproche, comme langage, deux ou trois locutions toutes faites, telles que « rompre la glace». Vous voyez si je vous ai lu attentivement. Quel pion je Fais, hein? J e vous dis tout cela de mémoire, car fai prêté votre livre et on ne me I’a pas encore rendu. Mais le souvenir que fen ai maintenant est celui d’une chose tres bien faite.