Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 5.djvu/41

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Philippistes et jusqu’aux aubergistes, tous sont platement adulés. Et des types tout d une piece, comme dans les tragédies ! Ou y a-t-il des prostituees comme Fantine, des forçats comme Valjean, et des hommes politiques comme les stupides cocos de l’A, B, C? Pas une fois on ne les voit souffrir dans le fond de leur âme. Ce sont des mannequins, des bonsbommes en sucre, à commencer par monseigneur Bienvenu. Par rage socialiste, Hugo a calomnie l'Eglise comme il a calomnié la misere. Ou est l’évéque qui demande la bénédiction d’un conventionnel? Où est la fabrique où l’on met a la porte une fille pour avoir eu un enfant? Et les digressionsl Y en a-t-ill Y en a-t-il! Le passage des engrais a du ravir Pelletan. Ce livre est fait pour la crapule catbolico- W socialiste, pour toute la `vermine philosopbico- évangélique. Quel joli caractère que celui de M. Dîarius vivant trois jours sur une côtelette et ue celui de M En`olras ui n’a donné ue deux baisers dans sa vie, pauvre- garçon.! Quant a leurs discours, Ils parlent tres bien, mais tous de même. Le rabacbage du pere Gillenormant, le délire final de Valjean, l’humour de Cholomies et de Gantaise, tout cela est dans le même moule. Touyours des pointes, des farces, Ia parti pris de la gaiete et Iamais rien de comique. Des explications enormes donnees sur des choses en dehors du sujet et rien sur les choses qui sont indispensables au sujet. Mais en revanche des sermons, pour dire que le suffrage universel est une bien jo re chose, qu’il faut de l'instruction aux masses; cela est répété ai satiété. Décidément ce livre, malgré de beaux morceaux, et ils sont rares, est enfantin.