Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 5.djvu/64

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


5 8 CORRESPONDANCE M“'° Bovary est agitée par des passions multiples; Salammbô, au contraire, demeure clouée par l’idée fixe. C’est une maniaque, une espèce de sainte Thérèse. N’importel Je ne suis pas sûr de sa réalité; car ni moi, ni vous, ni personne, au- cun ancien et aucun mocleme, ne peut connaitre la femme orientale, par la raison qu’il est impos- sible de la fréquenter. Vous m’accusez de manquer de logique et vous me demandez: Pourguoi les Cartlraginois ont-ils massacré les Barbares ? La raison en est bien sim le: ils baïssent les Mercenaires; ceux-là leur tombent sous la main, ils sont les plus forts et ils les tuent. Mais «la nouvelle, dites-vous, pouvait arriver cl'un moment ai l’autre au camp ». Par uel moyen? Et qui donc l’eût apportée? Les Dar- thaginois? Mais dans uel but? Des barbares? Mais il n’en restait plus dans la ville! Des étrangers? des indifférents? Mais j’ai eu soin de montrer ue les communications n'existaient pas entre Cariiliage et l’armée! ` Pour ce qui est d’l·lannon (le lait de clrienne, soit dit en passant, n’est oint une plaisanterie! il était et est encore un remède contre la lèpre : voyez le Dictionnaire des sciences médicales, article Lèpre, mauvais article d’ailleurs et dont fai rectifié les données d’après mes propres observations faites ai Damas et en Nubpq), Hannon, dis-je, s'é- cbappe parce que les ercenaires le laissent vo- lontairement s’écl1apper. lls ne sont pas encore parcourues contre lui. ljinclignation leur vient en- suite avec la réflexion; car il leur faut beaucoup de temps avant de comprendre toute la erfidie des Anciens. (Voyez le commencement ile mon