Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 5.djvu/72

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


66 CORRESPONDANCE ` e Je m’incIine devant ce qui suit. Vous avez rai- son, cher maître, j’ai donné Ie coup de pouce, j’ai forcé I’histoire, et comme vous Ie dites très bien, j'ai voulu faire un siège. Mais dans un sujet miIitaire, ou est Ie mal? Et puis je ne I’ai pas complete- ment inventé, ce siege; je fai seulement un peu char é. La est toute ma faute. Mâis pour Ie passage de Montesquieu relatif aux immoIations d'enfants, je m'insurge. Cette horreur ne fait pas dans mon esprit un doute. (Songez donc que les sacrifices humains n’étaient pas complete- ment abolis en Grèce a Ia I>ataiIIe de Leuctres, 370 avant J ésus-Christ. Malgré la condition im- · posée par Gélon (4.80;, dans Ia guerre contre AgathocIe (392), on Brûla., seIon Diodore, deux cents enfants; et quant aux époques postérieures, je m’en rapporte a Silius Italicus, a Eusebe, et surtout a saint Augustin, lequel affirme que la chose se passait encore quelquefois de son temps. « Vous regrettez que je n'aie point introduit parmi Ies Grecs un philosophe, un raisonneur chargé de nous faire un cours de moraIe ou commettant de bonnes actions, un monsieur enfin sentantcomme nous. AlIons donc! était-ce possible? Aratus, que vous rappeIez, est précisément celui d'aprés lequel j'ai révé Spendius. C'éta1t un homme d'escaIades et de ruses, qui tuait tres bien la nuit les sentinelles et qui avait des éblouissements au grand jour. Je me suis refusé un contraste, c'est vrai; mais un contraste faciIe, un contraste voulu et faux. J'ai fini I’anaIyse et j'arrive à votre ju ement. Vous avez peut-étre raison dans vos considërations sur le roman historique appliqué a Yantiquité, et