Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 5.djvu/73

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DE GUSTAVE FLAUBERT. 67 il se peut tres bien que i’aie échoué. Cependant, d’après toutes les vraisemblances et mes impres- sions, à moi, je crois avoir fait quelque chose qui ressemble et Carthage. Mais la n’est pas la question. J e me moque de larchéologie! Si la couleur n’est pas une, si les détails détonnent, si les mœurs ne dérivent pas de la religion et les faits des passions, a si les caracteres ne sont pas suivis, si les costumes ne sont pas appropriés aux usages et les architec- tures au climat, s’il n’y a pas, en un mot, har- monie, je suis dans le faux. Sinon, non. Tout se tient. Mais le milieu vous agace] Je le sais, ou plutôt je le sens. Au lieu de rester à votre point de vue ersonnel, votre point de vue de lettre, de mo- derne, de Parisien, pourquoi n’étes·vous pas venu de mon côté? Lame bumaine _n’est point partout la même , bien qu’en dise M. Levallois U). La moindre vue sur le monde est la pour prouver le contraire. _ Je crois même avoir été moins dur pour l’l1uma- nité dans Salammbô que dans Madame Bovary. La curiosité, l’amour ui m’a poussé vers des religions et des peuplles disparus, a quelque chose de moral en soi et de sympathique, il me semble. t Quant au style , fai moins sacrifié dans ce livre-la i que dans lautre à la rondeur de la phrase et a la période. Les métaphores pr sont rares et les épi- thetes positives. Si je mets leues apres pierres, c’est que Bleues est le mot ]uste, crovez—mo1, et soyez egalement persuadé que l’on distingue tres bien la (*7 Voir Opinion nationale, 14. décembre 1862, article sur Saiammbô. . A 5-