Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 5.djvu/75

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DE GUSTAVE FLAUBERT. 69 ici à sa place) que je trouve dans mon livre? La voici : 1° Le piedestal est trop grand pour la statue. Or, comme on ne peche iamais par le trop, mais par le pas assez, il aurait fallu cent pages de plus _ relatives à Salammbô seulement. 2.° Quelques transitions manquent. Elles exis- taient; je les ai retranchées ou trop raccourcies, dans la peur detre ennuyeux. 3° Dans le chapitre V1, tout ce ui se rapporte à Giscon est de même tonalité que la dbuxieme partie du chapitre II (Hannon). C’est la même situation, et il n’y a point progression cl'eH`et. 4.° Tout ce qui s’étend depuis la bataille du Macar jusqu’au serpent, et tout le chapitre xm, iusqifau dénombrement des Barbares, s’enfonce, disparaît dans le souvenir. Ce sont des endroits de second plan, ternes, transitoires, que je ne pou- vais malheureusement éviter et qui alourdissent le livre, malgré les eH`orts de prestesse que j’ai pu faire. Ce sont ceux-la qui m’ont le plus coûté, que j’aime le moins et dont je me suis le plus recon- naissant. 5° l..°aqueduc. Aveu! mon opinion secrete est qu’il n’y avait point d’aqueduc à Carthage, malgré les ruines actuelles de l’aqueduc. Aussi ai-je eu soin de pré- venir d'avance toutes les objections par une phrase hypocrite a l’adresse des archéologues. .l’ai mis les pieds dans le plat, lourdement, en rappelant que c’était une invention romaine, alors nouvelle, et que l’aqueduc d’a présent a été refait sur l’ancien. Le souvenir de Belisaire coupant l'aqueduc romain de Carthage m’a poursuivi, et puis c’était une