Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 6.djvu/219

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DE <;Us·rAvE FLAUBERT. 213 1161. A MADAME RoGER DES GENETTES. —. Neuville- [près Dieppe], 30 mars 18714 (1). II y a quinze jours je comptais être maintenant a Paris, mais « nos frères » en ont dispose autre- H. ment. , — . le suis parti de Dieppe pour Bruxelles, croyant ne pas revoir les casques à pointe, car je devais retrouver ma famille dans la nouvelle Athènes, qui me semble descendre au-dessous du Daho- mey; mais fai su à Bruxelles que Paris était inhabitable. Ma mère et ma nièce sont revenues de Rouen à Dieppe; i'y suis depuis avant-hier et samedi prochain je serai a Croisset, ou ie me résigne à rentrer. Vous seriez donc bien aimable, chère Madame, de m’y adresser un petit mot pour me dire ce que vous devenez. La tâche du ‘ général (2j est lourde. Sera—t—il obéi'? La est tout le problème pour le moment. Car l'lnternationale ne fait que commencer et elle réussira, pas comme elle l'espère ni comme le redoutent les bourgeois; ` mais l’avenir (et quel avenir!) est de ce côte. A moins qu’une forte réaction cléricale et monar- chique ne triomphe. Ce qui est également pos- sible. ' Ces miserables—là déplacent la haine! On ne pense plus aux Prussiens. Encore un peu, et on va les aimerl Aucune honte ne nous manquera. (1) Neuville, canton .de Dieppe, était la résidence de Mm Com-: manville. Quand Flaubert écrit qu'il va à Dieppe, il faut en- tendre Neuville. (2) Le général Letellier-Valaze, frere de Mm Roger des Genettes.