Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 7.djvu/143

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DE GUs*rAvE FLAUBERT. 137 de Strasbourg. Quant à la réussite matérielle, elle est grande et Charpentier se frotte les mains. Mais la critiqueiest pitoyable, oclieuse de bétise et de pnullité. .l’ai lu deux bons articles anglais. Tat- tends ceux cle l’Allemagne. Lundi doit paraître dans le National celui de Banville. Renan m’a dit qu’il s’y mettrait quand tous auraient fini. Assez causé de ces misères. — Le Quatre-vingt-treize du père Hugo me paraît au-dessus de ses derniers romans; j’aime beau— coup la moitié du premier volume, la marche dans les bois, le débarquement du marquis, et le massacre de Saint-Barthélemy, ainsi que t0us·les paysages ; mais quels bonshommes en pain d’épice I que ses bonshommes! Tous parlent comme des acteurs. Le don de faire des êtres humains manque a ce genie. S’il avait eu ce don-la, Hugo aurait dépassé Shakespeare. Dans une quinzaine ie m’e11 retourne vers ma cabane ou je vais me mettre à écrire mes Deux Copistes. Présentement, je passe mes journées à la Bibliothèque. La semaine prochaine, j’irai à Clamart ouvrir des cadavres. Oui! Madame, voilà iusqu’où m’entraîne l'amour de la littérature., Vous voyez que je suis loin des idees saines où Taillandier me conseille de me retremper? Vous . ai-je dit que cet été i'irais retremper mes nerfs a Saint-Moritz (car je suis pas mal éreinté) ? C'est d’apres le conseil du docteur Hardy, qui m’ap- pelle une vieille lemme hystérique. —— « Docteur, lui dis-je, vous étes dans `le vrai! >> Un long baiser sur chaque main et à vous toujours. _