Page:Flaubert - Salammbô.djvu/383

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dional ; Narr’Havas, à sa droite, occupait la plaine de Rhadès ; Hannon le bord du lac ; et les trois généraux devaient garder leur position respective pour attaquer l’enceinte, tous en même temps.

Mais Hamilcar voulut d’abord montrer aux Mercenaires qu’il les châtierait comme des esclaves. Il fit crucifier les dix ambassadeurs, les uns près des autres, sur un monticule, en face de la ville.

À ce spectacle, les assiégés abandonnèrent le rempart.

Mâtho s’était dit que, s’il pouvait passer entre les murs et les tentes de Narr’Havas assez rapidement pour que les Numides n’eussent pas le temps de sortir, il tomberait sur les derrières de l’infanterie carthaginoise, qui se trouverait prise entre sa division et ceux de l’intérieur. Il s’élança dehors avec les vétérans.

Narr’Havas l’aperçut ; il franchit la plage du lac et vint avertir Hannon d’expédier des hommes au secours d’Hamilcar. Croyait-il Barca trop faible pour résister aux Mercenaires ? Était-ce une perfidie ou une sottise ? Nul jamais ne put le savoir.

Hannon, par désir d’humilier son rival, ne balança pas. Il cria de sonner les trompettes, et toute son armée se précipita sur les Barbares. Ils se retournèrent et coururent droit aux Carthaginois ; ils les renversaient, les écrasaient sous leurs pieds, et, les refoulant ainsi, ils arrivèrent jusqu’à la tente d’Hannon qui était alors au milieu de trente Carthaginois, les plus illustres des Anciens.

Il parut stupéfait de leur audace ; il appelait ses capitaines. Tous avançaient leurs poings sous sa