Page:Flaubert - Salammbô.djvu/54

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


s’élancèrent dans les bois pour se couper des bâtons.

Le jour se levait ; les gens de Sicca réveillés s’agitaient dans les rues. « Ils vont à Carthage », disait-on, et cette rumeur bientôt s’étendit par la contrée.

De chaque sentier, de chaque ravin, il surgissait des hommes. On apercevait les pasteurs qui descendaient les montagnes en courant.

Puis, quand les Barbares furent partis, Spendius fit le tour de la plaine, monté sur un étalon punique et avec son esclave qui menait un troisième cheval.

Une seule tente était restée. Spendius y entra.

— Debout, maître ! lève-toi ! nous partons !

— Où allez-vous donc ? demanda Mâtho.

— À Carthage ! cria Spendius.

Mâtho bondit sur le cheval que l’esclave tenait à la porte.