Page:Fleury - Littérature orale de la Basse-Normandie, 1883.djvu/101

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DE LA BASSE-NORMANDIE 77

— Dites donc, Jacques, dit un petit garçon, quand votre chapeau fera des petits j'en retiens un.

— Venez, brave homme, lui dit Jean des Domaines; chauffez-vous, il y a un peu de fumée, mais on n'en meurt pas.

— Mieux vaut chaude fumée que froid vent. Le fait est qu'il pleut à ne pas mettre un chien dehors.

— A propos de chien, qu'est donc devenu Nerchibot? Il n'est pas là ce soir.

— Non, il a peut-être eu peur de la pluie.

— Qu'est-ce que c'est que ce chien? D'où vous vient-il?

— Je n'en sais rien; il s'est arrueU comme ça chez nous.

— Il y a peut-être dans la maison un trésor qu'il est chargé de garder.

— Je ne crois pas. Il y a longtemps que la maison existe, on n'y a jamais rien vu.

— C'est cent ans après l'enfouissement du trésor que le goubUn se montre, dit une voix.

— Nerchibot, d'ailleurs, n'a pas l'allure d'un goublin. Il est triste comme un chien qui a perdu son maître, un boustoHer de la Saint-Nazé, peut-