Page:Fleury - Littérature orale de la Basse-Normandie, 1883.djvu/112

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


LITTÉRATURE ORALE

— D'où arrives-tu? lui dit-il. On dirait que tu viens de porter le varou.

— Eh bien!... tu me promets le secret?

— Certainement.

— Eh bien! tu as deviné : je viens de porter le varou. Voilà ce que l'excommunication m'a valu. Et j'en ai comme ça pour un mois, jusqu'à la Chandeleur. N'en dis rien, surtout, il ne faut pas qu'on le sache. Mais toi, si tu me rencontrais, par hasard, — il faut que ce soit par hasard, — sais-tu ce que tu devrais faire?

— Oui, il faudrait sauter sur toi et te « faire du sang » entre les deux yeux.

— Si le sang coulait, ne fût-ce qu'une goutte, je serais délivré. Seulement il faudrait être très adroit. Si tu ne réussissais pas, ma peine serait doublée.

— Ah ! ça, il paraît que vous êtes plusieurs à porter le varou, car voici ce qu'on m'a raconté pas plus tard qu'hier.

Au carrefour qui est entre Gréville et Nacque- ville, un domestique trouva, la semaine dernière, un habit de bure en bon état, il le prit. Mais la nuit d'après il fut réveillé par une voix qui lui ordonnait de reporter l'habit où il l'avait trouvé.