Page:Fleury - Littérature orale de la Basse-Normandie, 1883.djvu/123

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DE LA BASSE-NORMANDIE 99

Il eut peur d'abord, d'autant plus qu'il sortait d'une maison où l'on avait raconté des histoires effrayantes pendant toute la soirée. Il lui avait fallu passer par un carrefour, où quelqu'un avait vu une nuit deux cierges allumés et entendu une voix qui lui avait dit : Passe ton chemin ! Pour sa part, il n'avait rien vu ni entendu , et c'est au moment où il se félicitait, qu'il se trouvait en face d'une vision. Car il n'y avait guère à s'y tromper, on ne pouvait pas supposer qu'aucun être humain se fût avisé d'illuminer la chapelle à cette heure de la nuit. La curiosité fut cependant plus forte que la peur. Il entra.

Deux cierges brûlaient des deux côtés de l'autel, et en bas, un prêtre en habits sacerdotaux, la chasuble passée sur les épaules , paraissait sur le point de commencer la messe.

Le jeune homme, au lieu de se sauver, comme il en fut tenté d'abord, s'approcha du prêtre et se plaça à sa droite dans l'attitude de quelqu'un qui va servir la messe.

Le prêtre, sans le regarder, commença l'office : Introihû ad altare Dei, etc.

Le jeune homme savait heureusement les mots qu'il fallait dire de temps en temps.